Les réseaux sociaux tendent-ils à remplir leur rôle d’arme de manipulation massive en Algérie ? La diffusion d’un faux communiqué attribué à la présidence de la République algérienne annonçant la décision du chef de l’État de limoger le chef d’état-major de l’armée, le ministère algérien de la Défense nationale a démenti par un communiqué cette information qu’il considère comme « dénuée de tout fondement ».
Le lundi 1er avril, le ministère algérien de la Défense nationale (MDN) a démenti dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook la rumeur sur le limogeage du chef d’état-major de l’armée par le président Abdelaziz Bouteflika. La rumeur a été diffusée et relayée sur les réseaux sociaux sous la forme d’un faux communiqué attribué à la présidence de la République.
« L’information qui circule en ce moment sur le limogeage du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah [chef d’état-major de l’ANP, NDLR] et son remplacement par le général-major Saïd Bey est dénuée de tout fondement », indique le communiqué du MDN.
Le président Bouteflika démissionnera avant le 28 avril, selon son administration. Un faux communiqué attribué à la présidence de la République a été relayé sur les réseaux sociaux, indiquant que « conformément aux articles 77 (alinéas 1 et 8) et 78 (alinéa 2) de la Constitution, le président de la République et ministre de la Défense nationale, Abdelaziz Bouteflika, a mis fin aux fonctions du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah en tant que vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, qui est parti à la retraite et a été remplacé par le général Saïd Bey ».
Le samedi 30 mars, lors d’un discours au siège du MDN, Ahmed Gaïd Salah a réitéré son appel à activer l’article 102 de la Constitution permettant de destituer Abdelaziz Bouteflika de ses fonctions de président. Il a également affirmé que les opposants à cette proposition projetaient de faire campagne pour faire échec à l’armée. Les analystes politiques soulignent le rôle particulièrement équivoque des réseaux sociaux dans les événements en cours en Algérie. « Une dynamique médiatique malsaine participe aux efforts visant à faire croire à l’existence d’une profonde division entre l’État et l’armée nationale. Et ce, alors même que le Sahel vit une extension des agissements militaires occidentaux », estiment les analystes.